Roman : Raccourci
Episode 4
JŽétais un peu contrarié car mon plan avait été de circuler discrètement au milieu des groupes encombrant le salon et écouter les conversations que je mŽimaginais intelligentes et pleines dŽenseignements.Je restais planté sans bouger, ne sachant que faire. Madame de N me demanda :
"Et bien, mon jeune ami, parlez moi donc un peu de vous".
Je ne mŽattendais pas à cette question et, alors que jŽessayais de formuler une réponse je ressentis de la gêne. QuŽest ce quŽun provincial venant dŽarriver pouvais raconter dŽintéressant. JŽétais dŽailleurs révolté dŽavoir eu cette pensée, moi qui avais toujours été fier de ma vie et de la position de mes parents.
JŽessayais de décrire ma vie à Aix sous un angle le plus positif possible.
Mme de N me coupa soudain :
"Guillaume mŽa dit que vous étiez à Paris depuis deux mois déjà. Avez vous une maitresse ?"
Cette question me déconcerta. Je lŽavoue je ne mŽétais jamais trop intéressé aux femmes.
Bien sur, comme tous les jeunes gens je me targuais dŽêtre romantique et de voir en la femme le désir, et le besoin, souverain.
Il me revint en mémoire la fille de notre palfrenier, de la jouissance que jŽavais à la regarder. De la fois ou elle pris ma main et la glissa sur sa joue, si douce.
Je mŽétais enfuis courant comme un dératé, honteux et troublé. Mais à part cet épisode, que je passais sous silence, je nŽavais pas la moindre expérience. De toute façon, tout le monde se marie, alors autant profiter du temps que lŽon dispose à soi avant de devenir un époux. Je répondis par la négative tout en essayant de mimer le mieux possible la moue de lŽhomme dŽexpérience nŽayant pas encore trouvé une femme digne de lŽintéresser.
Mme de N ne se laissa pas prendre.
"Vous avez tort. Un homme a besoin dŽune femme. Pour notre équilibre nous devons alterner
les plaisirs intellectuels mais aussi physique. Sinon lŽhomme est comme un arbre mal taillé, qui ne donne des fruits que dŽun coté. Ses branches finissent par rompre."
Sa métaphore campagnarde mŽagaçat un peu mais je ne dis rien, cherchant le moyen le plus rapide et le plus élégant de rompre cette conversation.
"Les garçons de votre milieu ont besoin dŽune femme dŽexpérience qui sera leur apprendre
lŽamour tout en leur évitant de perdre du temps par des tentatives maladroites. Je peux
vous présenter à quelques dames qui seraient ravies de vous faire découvrir les plaisirs de la vie Parisienne."
Je rougissais de colère :
"Madame, je ne voudrais pas vous paraitre discourtois mais vos propos pourraient laisser à penser que vous êtes une entremetteuse."
- Allons mon jeune ami, ne vous vexez pas. Mais pensez à ma proposition. Tous les jeunes gens font ceci. Vous ami Guillaume lui même a parait-il une maitresse très riche en ville, mais il me la cache. Demandez lui le donc".
A ce moment un éclat de voix soudain me fit tourner la tête.