Extrait du journal de Kafka
Une lettre d´excuse de Kafka à son patron. Un bijou !
19 février 1911
Lorsque je voulu sortir du lit, ce matin, je me suis tout bonnement effondré.
Il y a à cela une raison très simple, je suis complètement surmené. Pas par le bureau,
mais par mon travail d´un autre ordre. Le bureau n´y participe qu´innocemment dans
la mesure où, si je n´étais pas obligé de m´y rendre, je pourrais vivre tranquillement pour mon travail sans avoir à passer ces six heures par jour qui, surtout vendredi et samedi,
parce que j´étais plein de mes histoires, m´ont tourmenté à un point que vous ne pouvez concevoir. En fin de compte, je le sais, tout cela n´est que verbiage, c´est moi le coupable, et le bureau a envers moi les exigences les plus claires et les plus fondées.
Simplement, c´est là pour moi une existence double et terrible, à laquelle il n´y a
probablement d´autres issue que la folie. J´écris cela à la bonne lumière du matin et je
ne l´écrirais sûrement pas si ce n´était aussi vrai, et je ne vous aimais comme un fils.
D´ailleurs, je serai sûrement remis dès demain et j´irais au bureau, où la première chose
que j´apprendrai sera que vous souhaitez me voir quitter votre service.
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contactez moi et nous verrons si nous pouvons travailler
ensemble. Parler, échanger, c'est le sel de la vie.