La chronique du général
Touristes sans frontière
Dans ma
nouvelle de l´AFP du 13/05/2008, je plaisantais sur le fait que Reporter Sans Frontière avait réussi un coup en collant un message sur le front d´un enfant mourrant en direct. Je suis parfois gêné par mes écrits, pensant que j´en fait trop. Le soir suivant, je voyais à la télé des extraits dans un journal de la télévision publique, celle qui a pour vocation d´élever les débats, d´un émission chinoise ou le bon peuple a pu voir en direct et sans coupure publicitaire, victoire du communisme, la mort par épuisement d´un homme qui resta 17 heures sous les décombres. Pendant de longues minutes, avec le visage de cet homme en gros plan, on nous parlait des victimes et je fermais les yeux, par respect pour cet homme qui était mort à l´heure de la diffusion.
Une fois de plus, j´avais trouvé mes maîtres dans le mauvais goût, les journalistes !
Les fameux journalistes, tant médiatisés par RSF, qui s´intéressent au Tibet, qui comptent les morts en Irak ou en Afghanistan.
Ces journalistes, qui ne font plus d´information. A quoi servent-ils ?
Que m´importe de savoir le nombre de morts par jour en Irak.
L´un d´eux, avec qui je parlais dans un coktail mondain dans lequel je m´étais lâchement laissé entrainé par la perspective de manger des mets fins gratuitement, me disait :
"Oui, mais moi je risque ma vie pour que le monde ait droit à la vérité !"
"Me prends-tu pour un jocrisse ? La vérité, quelle vérité ? Nous sommes empoisonnés par des industriels, nous ne savons pas ce que nous mangeons, on veut nous faire travailler plus alors qu´il n´y a jamais eu autant de milliardaires dans le monde, l´afrique meurt de faim et toi, charogne, tu comptes le nombre de morts en Irak. En quoi cette information sert la vérité ? En quoi cela nous aide-t-il à comprendre le monde ?
Tu me parles de risquer ta vie ? Mais c´est pour toi que tu la risques, pour assouvir ton envie d´aventure. Cela je le comprends, la vie dans les pays riches est tellement plate. Mais au moins, ais le courage de l´avouer.
Quand au danger, je pense que tu en cours moins dans ton bunker en Irak, que si tu dévoilais n´importe quelle magouille de la grosse industrie. Les terroristes frappent aveugléments, mais un contrat sur ta tête, c´est autre chose.
"Oui mais ma rédaction veut des informations qui vendent !". Le champagne semblait être mon allié. Il compris son erreur.
Comment lui, le baroudeur que les femmes regardent en mordant le coin de leur lèvre, là ou c´est bon à embrasser, avait-il pu commettre une telle bévue.
Ainsi donc, il n´était qu´un fonctionnaire de l´information. A la moindre nouvelle qui vend, il rejoignait les autres cons dans le charter partant pour l´horreur, telle une cohorte de touristes ovins, se rendant à l´endroit de l´année à la mode.
C´est tellement plus facile de suivre le groupe.
Ce n´est pas "Reporter Sans Frontière" que devrait s´appeler l´illustre association, mais "Reporter sans Imagination".
J´ai décidé de boycotter France 3, que je ne regarde que dans l´espoir tellement bas de voir un jour l´entrecuisse de Marie, mais ces ordures ne cadrent que son buste.
Et je vous conseille d´en faire autant. Amis, reprenez la lutte, ne baissez pas les bras et résistez au complôt des médiocres qui veulent vous attirer par le bas.
Gardez vous esprit libre.
Rappelons leur que, quoi qu´il arrive, la flamme de la résistance française
ne doit pas s´éteindre et ne s´éteindra pas.
CharlesDe Gaulle