La chronique du général
Les esclaves
La semaine dernière jŽai regardé un film de Louis Malle, "La petite". LŽhistoire raconte la vie dŽune jeune fille dans un bordel de la Nouvelle-Orléans. Arrive le moment quŽelle attend depuis si longtemps, où elle va pouvoir monter son premier client.Mais une vierge est un trophée de valeur et la patronne invite ces messieurs à la gagner aux enchères.
Nous assistons alors à cette scène ou notre héroine, parée de ses plus beau atouts, écoute avec fierté monter les enchères.
Le pianiste de la maison assiste à la scène. Il est noir et dans son regards on ressent les souvenirs qui lui reviennent de sa propre expérience dŽesclave objet, son écoeurement, puis, à son sourire soudain résigné, cette constatation :
Elle est fière dŽêtre esclave alors, que faire ?
JŽai moi même pensé à toutes les chaines qui emprisonnent mes compatriotes. La réussite financière, le plaisir du pouvoir, le besoin dŽaccumuler. Toutes ces chaines que leur met la société pour quŽils restent bien sages et quŽils fassent leur travail de rouage silencieusement.
Regardez les se pavanner avec leur 4X4 ou leur voiture neuve, regardez leur fierté quand ils vous font visiter leur appartement cossu, observez la bave au coin des lèvres du petit chef et pire, lŽoeil humide de reconnaissance du subalterne félicité par le despotique chef de rayon.
Oui, ce sont des esclaves qui exhibent fièrement leurs chaines.
Contrairement à celles qui meurtrissaient les noirs, celles-ci sont douces à la cheville. Mais elles nŽen privent pas moins de liberté.
Ils sont fiers dŽêtre esclaves alors, que faire ?
La flamme de la résistance française se serait-elle éteinte pour de bon ?