La chronique du général
Juin 2006 : J'ai trinqué à la santé de Staline !
Il y a quelque temps, j´étais invité par un couple de Georgiens à rester diner chez eux. Les Géorgiens sont des gens extrêmement accueillants et généreux. Quelques amis venaient les rejoindre et je me retrouvais dans la cuisine en compagnie d´autres hommes, les femmes ayant décidé de manger dans le salon, écoutant des conversations que je ne comprenais pas en buvant du vin, les Géorgiens buvant plutôt du Cognac au repas.Très rapidement, ces hommes firent l´effort de parler dans une langue, la mienne, qui n´étaient pas la leur, et je passais une excellente soirée.
A la fin du repas, vint le moment traditionnel de porter des toasts.
Nous nous levâmes régulièrement en vidant des verres en l´honneur de notre hôte, de sa femme, de M. Chevardnadze; quand le cadet de l´assemblée se leva et porta son toast à Staline.
J´avais appris pendant le repas que l´époque Stalinienne avait été l´age d´or de la Georgie, lui même en étant originaire.
Allais-je trinquer en l´honneur du responsable de la mort de 20 millions de personnes ?
Je me suis demandé de combien de morts j´étais responsable tous les jours ?
Combien de chinois travaillant pour un niveau de vie proche d´un goulag afin que je paye ma calculette moins chère ?
Combien de paysans africains crevant de faim pour que nos braves agriculteurs subventionnés puissent écouler leur surplus dans le tiers-monde ?
En employant d´ailleurs de la main d´oeuvre du Magrebh, traités comme des esclaves ?
Combien de victimes du terrorisme, financé par l´Arabie Saoudite devant qui les gouvernements se couchent pour que mon essence ne soit pas trop chère ?
Toutes ses pensées me vinrent en un éclair. Je me levais et dirigeais mon verre vers le portrait de Staline qui était au moins concient de ce qu´il était.
Quand vint mon tour de porter un toast, je n´eus pas d´homme politique à citer. On dit que c´est toujours les meilleurs qui partent les premiers. Nos hommes politiques vivront donc longtemps.
J´ai bu à la Géorgie, dont quatre bonhommes dans une cuisine ont pu me faire tomber amoureux.