Les nouvelles de l'AFP
Une journée en Russie avec Bernard Kouchner
Bernard Kouchner nous a gentiment permis de le suivre alors qu´il est à Moscou pour tenir la promesse faite par le président de la république : Arrêter la guerre Russie-Géorgie en 24 heures.
11h : Bernard se réveille. Il a pris une chambre dans le plus grand Palace de la capitale.
"J´adore descendre ici nous dit-il. Ils ont les meilleurs croissants de Moscou, presqu´aussi bons qu´au George V. Quand on démarre de bonne heure, il faut avoir le ventre plein. C´est une habitude que j´ai pris dans l´humanitaire. Il m´arrivait même parfois de sauter le repas de midi. Une tranche de fois gras accompagné d´un petit Sauterne, et hop, j´y retournais...
12h : Bernard sort de la salle de bain. Brushing impeccable.
"Lorsque je suis en représentation, je fais très attention à mon apparence. A travers moi, c´est la France que l´on désire".
12h30 : Briefing avec sa traductrice Russe.
"Bien que mes homologues parlent tous anglais, je préfère avoir une traductrice."
13h00 : Massage.
"J´aime me faire masser avant une réunion. Je prends toujours la même masseuse depuis 5ans. C´est une jeune fille très méritante qui n´hésite pas à s´investir. Elle est maman d´un enfant né de père inconnu et je n´hésite pas à l´aider financièrement car j´ai un coeur d´or."
14h00 : Accompagné de sa traductrice et d´une amie de celle-ci, il faut faire travailler les gens ici car le pays est pauvre, Bernard se rend au Kremlin.
Le président refuse de le recevoir car il a des choses plus importantes à faire ( c´est l´heure de "Inspecktor Derickovitch" (ndlr ) ).
Qu´à cela ne tienne, Bernard propose à ses traductrices d´aller "casser la graine". Vodka et caviar sur le pouce au "Touristik Pognonski" un club select reservé aux étrangers, mais les jeunes femmes du pays sont acceptées.
"Comme vous le voyez, j´essaie de rester positif. La diplomatie c´est ça, il faut être persévérant et ne pas céder à l´imprévu".
17h : Bernard part faire un tour dans la capitale.
"Avant toute réunion, je me promène à pied pour m´imprégner de l´atmosphère du pays. Cela me permet de mieux cerner mes interlocuteurs".
19h : Retour au Kremlin. Le président Russe fait savoir à Bernard qu´il ne peut définitivement pas le voir mais lui envoie un de ses militaire, la major Vassilia Braguetova.
"J´aime autant discuter avec elle, elle connait le sujet sur le bout des doigts et n´hésitera pas à approfondir avec moi".
19h30 : Fin de la réunion.
"Quel cul !" concluera Bernard en connaisseur.
20h00 : Rendez vous au Kovka Petska ( en Français : le Chat qui Pète ), une boite qu´apprécie particulièrement le ministre.
"Ici, il y a tous les hommes d´influence du pays qui viennent passer un bon moment, c´est l´endroit idéal pour se faire des contacts".
23h00 : "L´ambiance est bonne, les Russes sont des gens qui savent s´amuser, mais attention, je suis là pour travailler. Tout à l´heure j´ai déjà fait quelques avancée préliminaires avec le major Braguetova, mais il est encore trop tôt".
24h00 : La sono est de plus en plus forte. Bernard, dans un canapé, un verre à la main, regarde la traductrice et le major Braguetova danser.
"Vassilia est vraiment ouverte à tout. C´est un partenaire de premier plan. "
1h00 du matin : L´ambiance est au paroxisme. Le ministre revient des toilettes en rembraillant son pantalon.
"Non mais...finalement on a pas écouté les Russes. Ils n´ont pas tout à fait tort. Vous savez dans la vie, rien n´est tout blanc, rien n´est tout noir.
2h30 du matin : la salle commence à se vider. Nous retrouvons le ministre au bar avec l´ambassadeur de France à Moscou qui l'a rejoint depuis peu.
M. Kouchner : "Non, mais les femmes...j´en connais un bout tu sais..."
Son excellence l´ambassadeur : "Oui, mais quand même, c´est des salopes..."
M. Kouchner : "Igor, tu nous remets ça ? "
Son excellence l´ambassadeur : "Bon, mais c´est moi qui paie alors".
M. Kouchner : "Pas question. Je suis la France, et la France est un seigneur. J´ai des crédits illimités pour cette affaire. Igor, tournée générale !".
3h : Nous nous éclipsons sur la pointe des pieds. Nous apprendrons le lendemain que le ministre a honoré plusieurs courtisanes avant d´aller dormir.
"Les étrangers ont une image très stéréotypée des Français. Je ne pouvais pas les décevoir".
Le quai d´Orsay nous a confirmé que le ministre resterait encore quelques temps à Moscou, car l´affaire semble finalement plus difficile à résoudre que prévue.
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